Le CGS développe un nouvel axe de recherche sur le modèle de l’entreprise, à l’intersection entre droit et gestion. Historiquement, le droit a toujours profondément structuré les pratiques des entreprises ; mais à l’inverse, c’est aussi l’émergence de nouvelles pratiques managériales qui ont façonné le droit, notamment le droit des sociétés.
Depuis la naissance des sociétés anonymes au 19ème, le droit s’est certes développé, mais il n’apparaît plus comme une variable d’innovations gestionnaires. Aujourd’hui, plusieurs facteurs contribuent à la résurgence de cette problématique : la notion d’entreprise est bousculée simultanément par les phénomènes inter-entreprises (externalisation, groupe, » entreprise étendue « , partenariats d’exploration (Segrestin, 2006)), par une mise en cause de sa légitimité (responsabilité sociale (Acquier, 2007), pratiques de gouvernance critiquées…) et par des nouveaux enjeux de management des ressources humaines (mobilisation des salariés, management des professions intellectuelles et créatives…).
Ces phénomènes indiquent de sérieuses limites des théories classiques de l’entreprise qui se fondent sur le modèle de la société plutôt que sur un modèle d’action collective (Segrestin et Hatchuel, 2007). Le droit, qui ne formalise pas l’entreprise mais la société, semble lui-même démuni pour encadrer les évolutions contemporaines.
En proposant un modèle de l’entreprise fondé sur l’action collective, les travaux du CGS devraient permettre d’aborder la conception des cadres juridiques sous un angle neuf (Hatchuel et Segrestin, 2007). A terme, l’objectif est de contribuer :
- A rendre compte de l’émergence de nouvelles formes organisationnelles, de la variété des principes de gouvernement (entreprise démocratique, entreprise étendue…) et des modes de pilotage appropriés,
- A caractériser les logiques par lesquelles les entreprises interviennent pour gérer leur légitimité, pour régénérer les biens publics et les normes en interaction avec l’action publique,
- A fonder des principes de gouvernance, voire un droit de l’entreprise, adaptés aux enjeux contemporains des entreprises et de la société.
Cet axe, qui croise aujourd’hui différents axes de recherche du laboratoire, a déjà donné lieu à différentes publications (Acquier et Aggeri, 2006 ; Gand et Béjean, 2007 ; Gand et al., 2007 ; Hatchuel et Segrestin, 2007, Segrestin et Hatchuel, 2007) et fait l’objet de différentes thèses (entreprises et démocratie, S. Gand ; RSE, A. Acquier ; administrateur et nouvelle gouvernance, A. Tombereau). Il devrait déboucher sur de nouvelles collaborations académiques et industrielles, ainsi que sur de nouveaux enseignements.
Les chercheurs impliqués dans le programme
- Blanche Segrestin, Armand Hatchuel, Franck Aggeri, Sébastien Gand.
- Doctorants associés : Axel Tombereau, Kevin Levillain
- Chercheur associé : Aurélien Acquier