Environnement et Développement durable

L’environnement constitue à présent un champ crucial d’action et d’innovation pour les entreprises et les pouvoirs publics, où se déploient des formes originales de pilotage (contrats, accords volontaires, certification, écolabels), en lien avec de nouveaux objets de gouvernement (émergence de régimes de coopération et de coordination multi-acteurs). Le CGS a été parmi les premiers laboratoires de recherche en gestion en France à étudier les modalités d’émergence de ce nouveau domaine d’activité en partenariat avec des entreprises (ex. : Renault, fédération de la plasturgie) et des organismes publics (ADEME, ministère de l’environnement, agences de l’eau et distributeurs privés) ou dans le cadre de projets nationaux (PREDIT) ou européen.

Nouveaux régimes d’action collective.

La spécificité du regard gestionnaire, par rapport aux approches économiques, politiques ou juridiques, qui mettent l’accent sur la conception de systèmes d’incitation, est de s’intéresser aux conditions et au pilotage d’apprentissages collectifs (instruments, acteurs, expertises) dans des situations d’incertitudes fortes. Partant de l’analyse des explorations et des rationalisations engagées par les acteurs dans des domaines comme la gestion des services publics de l’eau, l’éco-conception ou les approches volontaires des entreprises, les travaux du CGS visent à caractériser les régimes d’action collective spécifiques et d’en déduire des préconisations en termes de gestion, d’organisation et d’action publique.Au cours des quatre dernières années, trois thèses ont été soutenues dans le domaine de la gestion de l’eau (Agnès Grandgirard, Lise Breuil et Guillaume Fauquert). Trois autres sont en cours sur le management de l’éco-conception (Christophe Abrassart), les contrats de délégation dans le secteur de l’eau (Florence Bonnet), la mutualisation des coûts et la gouvernance dans la gestion de l’irrigation gravitaire (Marwan Ladki) Deux en cours de montage : l’internalisation de la gestion des services publics d’eau et innovation organisationnelle (Guillem Canneva), et gouvernance mondiale de l’eau (Ricardo Sandoval). Ces recherches ont donné lieu à de nombreuses publications nationales et internationales.

Stratégies d’entreprises

Le programme de recherche du CGS s’étend depuis 2003 aux enjeux du développement durable pour l’entreprise et de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE). Le développement durable dans les entreprises, qui se fonde sur une problématisation plus stratégique, vise à combiner les dimensions environnementales et sociales de l’activité des entreprises avec les objectifs d’efficacité économique. S’interrogeant sur les racines historiques de ce mouvement et sur l’étude des rationalisations contemporaines des rapports entre entreprises et société, les travaux menés cherchent à identifier les nouvelles formes d’action et de régulation engagées par les entreprises en lien avec des acteurs publics et privés (prescripteurs, ONG, consultants, etc.). S’appuyant sur des recherches empiriques menées en collaboration avec des entreprises privées (Lafarge, Renault, PSA, Volvo, Arcelor … et des organismes publics (ADEME …,), ces travaux permettent de rediscuter les modèles classiques de la stratégie en mettant en évidence, à côté de la logique traditionnelle de gestion de la contestabilité de leurs activités, une nouvelle logique d’innovation pour l’entreprise et ses parties prenantes. L’émergence de ces nouveaux champs d’innovation (ex. : éco-conception, construction durable, éco-innovations, restructurations socialement responsables, agriculture et développement durable, etc.) s’appuient sur des raisonnements, des modes de pilotage et des types de normes spécifiques dont nous avons commencé à étudier les modalités en lien avec plusieurs entreprises pionnières. Une thèse a récemment été soutenue par Aurélien Acquier, recruté comme professeur associé à l’ESCP-EAP, portant sur la caractérisation des modèles de pilotage du développement durable entre contrôle externe et conception innovante.

Publications

Articles dans des revues nationales (RFG, revue Gestion, FCS, Politique et Management Public, Revue d’Economie Industrielle, Management International, coordination d’un numéro spécial d’Entreprises et Histoire), communications dans des colloques nationaux (AIMS) et internationaux en gestion (Academy of management, Euram, Egos), économie et sciences politiques et publication d’un livre ( » Organiser le développement durable : expérience des entreprises pionnières et formation de règles d’action collective  » Vuibert/Ademe). Parmi les coopérations interdisciplinaires, notons le numéro spécial d’Entreprises et Histoire co-dirigé par Franck Aggeri avec Olivier Godard, professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique.

Animation scientifique du champ

Participation à des programmes de recherche (programme ANR sur les écotechnologies et sur agriculture et développement durable (ADD), programme GICC du Ministère de l’environnement, les ateliers du développement durable à Bordeaux, organisation de séminaires, de numéros spéciaux de revue, participation à des réseaux nationaux (Réseau francilien de recherche sur le développement durable) ou internationaux de recherche (Réseau International sur les Organisations et le développement Durable).

Enseignements et conférences

Ecoles d’ingénieurs (EMP, Agro ParisTech) et de commerce (ESCP-EAP), Masters recherche (GDO, MOPP et EDDEE de Nanterre) et Masters professionnels (Master Paris Tech fondation Renault, Mastère d’ingénierie et de gestion de l’environnement de l’Ecole des mines de Paris (Isige), Master projet innovation conception (PIC) de l’Ecole Polytechnique).

Le programme de recherche sur le développement durable se poursuit aujourd’hui dans trois directions principales

  1. Caractérisation des principes, modalités et formes de structuration de nouveaux champs d’innovation. Ces travaux se déploient dans des domaines d’activité variés : automobile, à travers un projet de recherche franco-suédois portant sur l’éco-innovation chez Volvo et PSA, mené en collaboration avec l’université Chalmers et qui a conduit au recrutement d’un post-doc (Maria Elmquist) financé par le réseau régional sur le développement soutenable (R2DS) ; agriculture à travers un projet de recherche de l’ANR (PRO-DD) sur la R&D orientée vers des objectifs de développement durable en partenariat avec des sociologues, des économistes et des historiens ; construction durable à travers l’animation d’un groupe de réflexion avec des acteurs de la filière du bâtiment soutenu par le ministère de l’environnement et du développement durable.
  2. Etude des formes d’instrumentation (contrats, outils) et d’organisation du développement durable dans les entreprises et dans les relations interentreprises. Le caractère transversal des questions de développement durable s’accompagne de l’émergence de formes contractuelles et d’organisation (figures d’acteurs, communication, reporting, reverse logistic (voir l’ERI  » Management Industriel et Logistique « ) dont la cohérence et l’efficacité sont étudiées.
  3. Nouvelles formes de régulation. Le développement durable se caractérise par un déplacement de la frontière entre action publique et action privée avec la multiplication des normes privées (référentiels, accords volontaires, labels, etc.) ou d’actions collectives se déroulant en dehors du cadre de l’action publique traditionnelle (sur ce point, on pourra également se référer à l’ERI  » Action Publique « ). La recherche s’oriente sur l’analyse de ces formes de régulation comme les partenariats public privé (PPP) ou la GRI (Global Reporting Initiative), le principal référentiel privé d’évaluation de la performance extra-financière des entreprises ainsi que sur l’analyse du rôle des prescripteurs (consultants, experts, auditeurs, etc.) dans la construction de nouveaux champs organisationnels.

Le développement de ce programme s’appuiera sur différentes coopérations internationales déjà engagées (université Chalmers, projets de publications avec des chercheurs anglo-saxons (JPGond de l’université de Nottingham, M.Johnson-Kramer de Bucknell University, J.Pasquero de l’UQAM) ou en cours d’élaboration (avec la chaire de développement durable de l’UQAM (Québec)) et par le renforcement des relations interdisciplinaires nouées dans le cadre du projet PRO-DD de l’ANR. Ce programme doit également se concrétiser en 2008 par la soutenance de deux HDR (Franck Aggeri (CGS), Christelle Pezon de l’ENGREF) et par la publication d’un ouvrage en anglais chez Edward Elgar prolongeant et approfondissant les travaux présentés dans le livre édité chez Vuibert en 2005 et d’un ouvrage sur les modes de gouvernance des services d’eau en France et en Europe. Des articles dans des revues internationales sont également en cours d’évaluation.

Les chercheurs impliqués dans le programme

  • Franck Aggeri, Michel Nakhla, Blanche Segrestin, Pascal Le Masson
  • Doctorants associés : Christophe Abrassart, Mélodie Cartel, Rebecca Pinheiro-Croisel, Jeanne Riot.
  • Chercheurs associés : Aurélien Acquier, Eric Pezet
  • Post-doc : Maria Elmquist (Université de Chalmers)